Yennayer à St Denis

Yennayer célébré la première fois par la Mairie de Saint-Denis

(AP Kabyle) Paris.La ville de Saint-Denis vient grossir les rangs des municipalités qui célèbrent Yennayer en France. Un mouvement qui progresse d’année en année à une telle vitesse qu’on ne compte plus les municipalité qui fêtent aujourd’hui la nouvelle année aux couleurs amazighes. L’événement est ici d’autant plus important qu’avec Saint-Denis, c’est une ville qui compte 100 000 habitants qui se joint à la liste.

« Comme maire de Saint-Denis, je suis vraiment très heureux de vous retrouver pour marquer ensemble le nouvel an berbère. Vous me faites partager ainsi une tradition ancienne, une identité riche ». C’est en ces mots que Didier Paillard a ouvert vendredi 28 janvier 2011 la cérémonie de vœux de nouvel an adressés aux Berbères au nom de la ville. Cette célébration n’est pas le fruit du hasard mais rend compte du dynamisme associatif dyonisien en général et berbère en particulier dans la ville de Saint-Denis. S’adressant aux deux cents personnes présentes, le maire rappellera lui-même que des associations culturelles de la ville ont œuvré au succès en décembre dernier du concert de Takfarinas au Théâtre Gérard Philippe, et il y a près de deux semaines à celui d’Aït Menguellet à la Porte de Paris et du Yennayer organisé par l’association Tikli - Etudiants berbères à l’Université Paris 8 auquel participa une série d’artistes parmi lesquels également Takfarinas. Didier Paillard rappellera que les Berbères sont présents depuis plus d’un siècle à Saint-Denis et la région, et rendra hommage à leur histoire et leur culture, « une culture populaire vivante qui rapproche des autres et qui ne demande qu’à être partagée ». Déclinant en berbère, le triptyque « Liberté, égalité, fraternité » (Tilelli, Toulout,Tagmat), le maire rajoutera que « l’uniformité est triste, elle ne permet pas l’échange. A l’inverse reconnaître les différences est le chemin pour que les citoyens vivent ensemble égaux et fraternels dans le présent, et avec leur histoire et leur passé ».

Entouré de ses adjoints mais aussi de membres de la municipalité de Tiznit au Maroc parmi lesquels Abdellah Ahjam, conseiller de la vie associative et Mohamed Indmeskine chargé du développement, le maire de Saint-Denis se fera fort d’inscrire cette célébration dans une dimension internationale. « Yennayer, poursuivra-t-il, est célébré depuis l’antiquité un peu partout en Afrique du nord des Oasis d’Egypte aux Iles Canaries. Cette dimension nous la faisons vivre au sein de la coopération décentralisée entre la Ville de Saint-Denis et Larbaâ Nath Irathen, en Kabylie en Algérie, et la ville de Tiznit, la chleuhe au Maroc ».

Les responsables de la ville ont déjà pris rendez-vous l’année prochaine pour renouveler cette cérémonie. Jaklin Pavilla, l'adjointe au maire de Saint-Denis, en charge de la vie associative et de la mémoire, ne peut que souhaiter que les associations amazighes de la ville prennent tout leur poids dans la préparation du prochain événement. L’association Tikli qui a contribué sous l’action de son président Kamal Saïdi au succès de cette première cérémonie a ainsi ouvert la voie à une participation citoyenne des Berbères dyonisiens qui ne gagnera qu’à s’élargir.

Yennayer à St Denis.